Nous commençons notre série de traductions consacrée aux poèmes de Hô Xuân Huong.
Les vietnamophones pourront comparer avec la version vietnamienne, qui est une transcription des caractères nôm en écriture moderne, réalisée par Maurice Durand.1

4 poèmes de Hô Xuân Huong
Con ốc nhồi
Bác mẹ sinh ra phận ốc nhồi
Đêm ngày lăn lóc đám cỏ hôi
Quân tử có thương thì bóc yếm
Xin đừng ngó ngoáy lỗ chôn tôi
Éloge de l’escargot
Les parents m’ont donné la vie d’un escargot
Nuit et jour à rouler dans les herbes fétides.
Mon Seigneur, par amour, levez donc l’opercule
Mais de grâce ôtez votre doigt de mon trou.
Lấy chồng chung
Kẻ đắp chăn bông kẻ lạnh lùng
Chém cha cái kiếp lấy chồng chung
Năm thì mười họa chăng hay chớ
Một tháng đôi lần có cũng không
Cố đấm ăn xôi xôi lại hẩm
Cầm bằng làm mướn mướn không công
Thân này ví biết đường này nhỉ
Thà trước thôi đành ở vậy xong
Partage de mari
Maudit soit notre sort nous autres concubines
À transir quand l’une tire la couverture
Le petit oiseau est rare, au petit bonheur
Une ou deux fois par mois jamais trois c’est tout un
On adhère au riz gluant mais le riz est poisseux
À gages du mari qui ne paie point de gages
Ah ! si l’on avait su les tenants d’un tel sort
Mieux valut se résoudre à vivre comme avant
Khóc chồng làm thuốc
Văng vẳng tai nghe tiếng khóc gì
Thương chồng nên nỗi khóc tỉ ti
Ngọt bùi thiếp nhớ mùi cam thảo
Cay đắng chàng ơi vị quế chi
Thạch nhũ trần bì sao để lại
Quy thân liên nhục tẩm mang đi
Dao cầu thiếp biết trao ai nhỉ
Sinh ký chàng ơi tử tắc quy
La veuve de l’apothicaire
Lointaine..sourde..nette une voix pleure :
« Par amour pour lui il convient d’étouffer mes sanglots
Comme il me manque ! si doux sucré son bâton de réglisse
Si amère piquante – oh cher époux – sa tige de cannelle !
Les boutons la peau d’orange, torréfiés, sont à l’abandon
L’angélique les grains de lotus, macérés, emportés !
Le coupe-racines… à qui vais-je le transmettre ?
Las ! La vie est un prêt et la mort un rendu. »
Không chồng mà chửa
Cả nể cho nên hoá dở dang
Nỗi niềm chàng có biết chăng chàng
Duyên thiên chưa thấy nhô đầu dọc
Phận liễu sao đà nảy nét ngang
Cái nghĩa trăm năm chàng nhớ chửa
Mảnh tình một khối thiếp xin mang
Quản bao miệng thế lời chênh lệch
Không có, nhưng mà có, mới ngoan
Éloge de la criminelle
Trop de complaisance nous laisse inaccomplis.
Savez-vous, mon amour, le chagrin qui m’afflige ?
De notre destinée je ne vois point la tête
Pourquoi mon sort de fille est-il soudain barré ?2
Cette faute cent ans vous devrez la porter
Le fruit de notre amour – souffrez que je le porte.
Au diable l’opinion, ses paroles iniques
Avoir l’un sans l’autre voilà qui est habile.
Rendez-vous le 8 février prochain pour découvrir la suite des poèmes de Hô Xuân Huong.
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- Maurice Durand : L’œuvre de la poétesse vietnamienne Hô Xuân Huong (EFEO, Paris, Adrien-Maisonneuve, 1968). Disponible en ligne sur Gallica. ↩︎
- Comme l’explique Maurice Durand, HXH joue dans ces 2 vers avec la formation des caractères nôm :
– Le trait vertical, ou descendant, ajouté au caractère « ciel, destinée » 天 (thiên) en modifie le sens pour devenir « mari » 夫 (phu). Autrement dit, « je ne vois pas venir la réalisation de notre union comme mari et femme ».
– Le trait horizontal ajouté au milieu du caractère 了 (liễu), désignant « le saule » et par une métaphore classique « la jeune fille », le transforme en caractère « enfant » 子 (tử), suggérant la grossesse. Autrement dit « par cette grossesse hors mariage, mon avenir est compromis ».
Ces 2 exemples parmi d’autres prouvent que la transcription des caractères nôm en écriture alphabétique oblige à sacrifier certains jeux de mots visuels. ↩︎
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